Face au risque suicidaire au travail

Actualité | Publié le 25/08/2026

Le risque suicidaire en milieu professionnel est une réalité complexe qui impose une vigilance collective au sein des collectivités. La prévention repose sur la capacité de chacun à repérer les signaux d'alerte, et surtout à assumer la responsabilité de l'alerte initiale, sans la déléguer.

  • Comprendre les risques et repérer les signaux de vigilance

    Le passage à l'acte est souvent l'aboutissement d'un processus multifactoriel. Les facteurs de risque professionnels et personnels sont identifiés : troubles psychiques, dépression, antécédents de tentative de suicide, souffrance au travail, burn-out, conduites addictives ou encore douleurs chroniques...
    Dans ce parcours, nous distinguons classiquement deux états qui conditionnent le mode d'intervention :

    • la pré-crise : caractérisée par des pensées suicidaires.
    • la crise : marquée par des intentions précises. Dans ce second cas, le pronostic vital est engagé et nécessite une intervention urgente.

    La règle d'or : assumer la responsabilité du premier informé

    Le principe fondamental en la matière est la responsabilité directe de la personne qui reçoit l'information ou constate la situation : elle doit agir elle-même.
    La délégation n’est pas envisageable, en particulier si elle entraîne un retard dans la prise en charge. Il est, par exemple, proscrit d’attendre une future visite avec le médecin du travail. De plus, les services de secours exigent un échange direct avec le témoin de la situation. S’il est tout à fait possible de solliciter l’appui technique d’un collègue, le premier informé doit impérativement rester l’acteur de l’alerte.

    Les ressources d'aide immédiate et le rôle du service de santé au travail

    L'orientation dépend du niveau de gravité constaté :

    • le 15 (SAMU) : C'est l'interlocuteur unique et obligatoire dès que la crise est avérée et que l'urgence est caractérisée.
    • le 3114 : Ce numéro national de prévention du suicide est la ressource à mobiliser en phase de pré-crise, en dehors de l’urgence vitale, pour orienter l'agent ou obtenir des conseils de professionnels.

    Par ailleurs, il convient de rappeler que le service de santé au travail (médecin, infirmier, psychologue, conseiller en prévention, assistant social) n’est pas instantanément mobilisable au moment de la crise. Son rôle est majeur en amont, dans la prévention, à travers l'évaluation du risque et l'orien-tation éventuelle, ainsi qu'en aval, à distance de la crise.

    Comment gérer une situation de d'urgence ?

  • Arbre décisionnel face au risque suicidaire d'un agent

  • Que dire, que faire face à une personne en souffrance ?

    A dire, à faire :

    1. Engager le dialogue : écouter sans juger. Éviter d’interrompre. Poser des questions ouvertes : « Je suis inquiète pour toi. Je vois que tu ne vas pas bien. Que se passe-t-il ? ».
    2. Adopter une attitude bienveillante : en face-à-face, montrer que vous comprenez la situation, acquiescer de la tête, regarder la personne (le non verbal est important). Au téléphone, rassurer et rappeler que vous êtes à son écoute : « Oui, je comprends ».
    3. Rassurer l’agent : montrez que vous l’écoutez en reformulant ses propos, laisser ses émotions s’exprimer. « Tu as toute ma confiance, tu peux parler librement. ».
    4. Informer l’agent des ressources sur lesquelles il peut s’appuyer : informer la personne des ressources internes et externes à sa disposition et insister sur le respect de la confidentialité des professionnels de santé.
    5. Si la personne exprime une profonde détresse : poser mot à mot la question suivante : « As-tu envie de mourir ? ». Si la réponse est “oui”, appeler le 15 : « Mon devoir est d’alerter. Je vais appeler le SAMU qui va pouvoir t’aider et t’apporter des conseils. ».

    A éviter : 

    • Minimiser le mal-être tout en voulant avoir des pensées rassurantes : « Ne t’inquiète pas, ça va aller, ce n’est qu’un mauvais moment à passer, courage ! ».
    • Poser des questions culpabilisantes et/ou impliquant un jugement : « Tu ne vas quand même pas faire une bêtise, pense à tes enfants ! ».
    • Discuter ou débattre avec la personne de ses pensées suicidaires.
    • Montrer des signes d’impatience (attention au langage corporel).
    • Interrompre la personne, parler de sa propre expérience.