En 1944, l'espoir renaît : La France libérée vue depuis Écouen
En avril 1944, à l’initiative du Conseil national de la Résistance (CNR), des Comités départementaux de Libération (CDL) sont créés dans l’ensemble des départements métropolitains. Ces instances civiles de la Résistance ont pour mission de préparer la transition démocratique dans la perspective de la libération.
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Les comités de Libération pour représenter la Résistance
En effet, dans chaque département, la Résistance s’organise alors autour de deux structures :
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Les forces françaises de l’intérieur (FFI) pour la lutte armée.
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Le Comité départemental de Libération, chargé de l’organisation civile de la Libération et la gestion administrative.
Ainsi, le 13 avril 1944, le CDL de Seine-et-Oise est constitué, au Raincy, avec Serge Lefranc à sa tête.
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Et il faudra attendre l’été de la même année pour que la Libération du département soit progressivement effective. Elle débute à La Boissière-École, dans l’arrondissement de Rambouillet, et s’achève avec l’évacuation de Beaumont-sur-Oise. Entre-temps, les communes sont progressivement libérées, grâce aux actions conjuguées des troupes américaines, de la 2e Division blindée et des groupes FFI locaux.
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Émission Vigie Ecouen montrant les troupes américaines libérant la ville (1944)
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Dans les communes, les anciennes municipalités sont progressivement remplacées par des organes provisoires issus de la Résistance, qui deviennent rapidement des Comités locaux de Libération (CLL). Ces comités, associés aux FFI, procèdent notamment à :
- la destitution des élus désignés sous le régime de Vichy
- le ravitaillement de la population,
- la réorganisation administrative
- la préparation de l’épuration,
- la représentation populaire dans l’attente des élections cantonales.
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Brassard FFI [1944], Archives départementales du Val d’Oise, 2293 W 52
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À Écouen, la prise de possession de la mairie par les FFI a lieu le 21 août 1944. Une municipalité provisoire y est installée, chargée notamment de l’organisation du ravitaillement et de l’arrestation de suspects, conformément à un arrêté pris le 12 août 1944. Le 6 septembre 1944, un procès-verbal acte la constitution officielle du CLL d’Écouen. Ce comité reçoit, quelques jours plus tard, la validation du CDL pour exercer les fonctions municipales. Le maire et ses adjoints sont donc désignés le 25 septembre 1944.
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Des noms de rue pour faire œuvre de mémoire
En parallèle, la libération est aussi marquée par une forte effervescence dénominative. Si certains choix s’avèrent consensuels (avenue de la Résistance, rue des Martyrs, etc.), on remarque aussi l’émergence d’une mémoire se concentrant autour de quelques noms. Ainsi, en mars 1945, on propose de donner à certaines rues de la commune les noms de résistants fusillés et, le 30 mai 1945, une commission administrative se réunit pour discuter du baptême de plusieurs rues.
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Pour la nouvelle dénomination des rues, il a été convenu de ne retenir que les noms des personnes tuées par fait de guerre alors qu’elles n’étaient pas obligées de combattre, comme c’est le cas des anciens résistants ou FFI qui sont morts en combattant volontairement. Ainsi, aujourd’hui, la ville d’Ecouen compte les rues Mireille Zoude, Jacques Yvon, Colette Rousset ou encore Georges Joyeux.
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Colette Rousset, résistante écouennaise
Rousset Colette Marguerite Françoise est née à Ecouen le 17 décembre 1909 et vit au 15 rue Paul Seignac jusqu’à sa disparition. Elle entre dans la Résistance en 1942 pour devenir secrétaire de Kieser surnommé « Richard ». Elle fait partie du Mouvement de Libération Nord. Elle est arrêtée par la Gestapo le 17 mai 1944 rue de Rennes à Paris pour être mise « au secret » à Fresnes. Elle partira en Allemagne le 15 août 1944 et sera déportée dans plusieurs camps : Torgau sur Elbe, Ravensbruck, Koenigsberg sur l’Oder, Riechlin (région de Poméranie en Pologne). D’après plusieurs correspondances, c’est en mars 1945, dans ce camp, qu’elle décèdera. Un dossier sera établi en 1946 afin de la déclarer comme « déportée politique » et de rédiger un acte de disparition. Une demande pour la décorer de la Croix de Guerre sera également réalisée mais restera sans suite.
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